En consultant le calendrier liturgique, vous aurez assurément remarqué que les prochains dimanches sont des dimanches dits du « temps ordinaire ». Comment comprendre ce terme d’ordinaire qui renvoie, pour tout un chacun, à ce qui est conforme à l’ordre normal, habituel des choses ?

Détails d’une chasuble de couleur verte © D.R.

Le n. 43 des Normes universelles de l’année liturgique[1] indique : « En dehors des temps possédant leur caractère propre, il reste dans le cycle de l’année 33 ou 34 semaines où l’on ne célèbre aucun aspect particulier du mystère du Christ. On y commémore plutôt le mystère même du Christ dans sa plénitude, particulièrement le dimanche. Cette période est appelée temps ordinaire. » La première partie de celui-ci commence après la fête baptême du Seigneur et s’étend jusqu’au début du carême, la seconde période court du lundi de la Pentecôte (aujourd’hui fête de Sainte Marie Mère de l’Église) jusqu’à la veille de l’Avent.

La couleur liturgique (par exemple, la couleur des vêtements liturgiques du prêtre) du temps ordinaire n’est autre que le vert. Il n’a pas toujours été facile d’en donner une interprétation, mais l’on considère généralement qu’il s’agit de l’évocation de la vitalité ou de la croissance. Le Père Dumont[2] signale que, dans l’Antiquité, elle était déjà la couleur du destin. Le vert est donc cette couleur pleine d’espérance qui nous accompagne tout au long de cette période.

En ce qui concerne les lectures bibliques que nous entendons pendant les célébrations du dimanche, le temps ordinaire nous offre une lecture continue des évangiles et des lettres (trois années : A, B et C). En semaine, s’il s’agit d’une lecture continue des quatre évangiles sur un an, d’autres textes bibliques nous sont donnés à entendre sur un cycle de deux ans.

Le temps ordinaire est donc un temps long pour entendre et méditer la Parole de Dieu pendant une durée de 32/33 semaines, c’est-à-dire près de huit mois sur douze.

Ce temps ordinaire est-il alors si ordinaire que cela ? Le concile Vatican II nous a donné de célébrer le mystère pascal chaque dimanche (Sacrosanctum Concilium, au n. 106, dit qu’il est « le jour de fête primordial qu’il faut proposer et inculquer à la piété des fidèles »). Si pendant cette période, il n’y a pas d’aspect particulier du mystère du Christ qui est célébré, c’est le mystère tout entier qui nous est donné à contempler. Ce temps n’est finalement pas si ordinaire que cela puisqu’il s’agit de l’occasion d’approfondir notre foi et d’enraciner notre quotidien dans la vitalité qu’elle nous procure. Terminons sur cette image de Paul De Clerck : « Si les temps forts peuvent être considérés comme ceux des semailles, le temps ordinaire est celui de la croissance […][3]. »

Maxime Bollen

[1] Missel romain, pp. 43-48 (format carré).

[2] Dumont, A., La messe et la liturgie expliquées aux cathos, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2e éd., 2014.

[3] De Clerck, P., La signification du mot « ordinaire », en ligne.

N.B. : Article paru initialement dans la revue Communications du Diocèse de Namur (fév. 2020).